Detail du livre : DORA RIVIERE (1895-1983)
Nouveauté Paru en 2023

DORA RIVIERE (1895-1983)
UNE MÉDECIN DÉPORTÉE À RAVENSBRÜCK

PATRICK CABANEL (Préface : BEATE KLARSFELD)

144 pages - 40 illustrations - Format : 148X210 - 20.00 €
PARUTION MAI 2023
 
Couverture du livre : DORA RIVIERE (1895-1983)
Dora Rivière (1895-1987) est née à Saint-Étienne.
Médecin, elle part de 1922 à 1923 soigner des étudiants à Varsovie.
Dès 1940, elle entre en résistance dans le mouvement Combat. Elle aide résistants et réfractaires au STO à se cacher sur le plateau du Chambon-sur-Lignon. Elle y héberge des juifs et contribue à en faire passer en Suisse.
Arrêtée sur dénonciation, en octobre 1943, elle est déportée au camp de Ravensbrück de février 1944 à avril 1945. Affectée à l’infirmerie, elle s’est efforcée de venir en aide à ses compagnes.
Son témoignage inédit est publié ici.
À son retour du camp, elle poursuit son action humaniste.
Dora Rivière a été reconnue Juste parmi les Nations en 2011.
Ce livre est le premier qui lui soit consacré : de Saint-Étienne et du Chambon-sur-Lignon à Ravensbrück, il donne à lire le parcours singulier d’une femme engagée dans l’histoire tourmentée de l’Europe au XXe siècle.
Patrick Cabanel est directeur d’études à l’École pratique des hautes études (EPHE-PSL). Il a publié notamment Histoire des Justes en France (Armand Colin, 2012), Nous devions le faire, nous l’avons fait. C’est tout. Cévennes, l’histoire d’une terre de refuge 1940-1944 (Alcide, 2018), La Maison sur la montagne. Le Coteau fleuri, 1942-1945 (Albin Michel, 2019), Mireille Philip (Ampelos, 2023).
N°ISBN : 9782911584831
L'édition luxe n'est plus disponible

-EXTRAIT-
 
Dora Riviere entre rapidement en résistance. La chronologie de ses années 1940-1943 peut être organisée en trois temps, du reste classiques. Le premier est celui du mouvement Combat et, en outre, des Cahiers du Témoignage chrétien, dans une géographie qui est celle de l’axe urbain et catholique Saint-Etienne-Lyon. Le deuxième est celui de l’aide aux juifs, notamment mais pas exclusivement les enfants, cible majeure du gouvernement de Vichy puis des autorités d’occupation au cours de l’année 1942 : la résistance est ici civile, avec une triple dimension confessionnelle, œcuménique et spirituelle. Enfin, en 1943, après l’occupation de la zone sud, et face à la mise en place du STO et à l’intensification de la répression, Dora s’engage de plus en plus dans une résistance active, qui allait la mener à l’arrestation.
Elle agit tout d’abord dans le milieu stéphanois : ce n’est encore le temps ni du plateau du Chambon, ni de l’aide aux juifs, mais des efforts d’organisation de celles et ceux qui ne veulent accepter ni la défaite ni l’usage qu’entend en faire le régime de Vichy. Elle rejoint Combat, dirigé par le Lyonnais Henri Frenay dont la compagne, jusqu’à son arrestation et sa mort par suicide le 31 mai 1943, est Berty Albrecht.
La jeune Violette Maurice (1919-2008), à laquelle René Gentgen rend un hommage appuyé dans son livre sur la résistance civile dans la Loire, lui remet pour distribution les journaux clandestins Combat, 93, Franc-Tireur; cette jeune femme évolue au sein d’un petit groupe stéphanois qui a fondé le groupe et le journal 93 : Dora Rivière collecte des fonds en sa faveur . Pour les Cahiers du Témoignage chrétien, c’est Marguerite Gonon, de Feurs (Loire), qui a témoigné que sa distribution atteignait divers milieux, dont cette protestante.
Le frère de Dora, Henri, s’est engagé également très tôt, avec l’appréciable force de frappe de ses camions : ils ont contribué à la dispersion de matériel militaire, d’armes et de munitions de l’armée française dans des usines et dépôts de Saint-Étienne et sa région, y compris peut-être chez le comte de Neufbourg, à Arthun, dans le Forez; des armes sont entreposées dans la « chambre verte », au-dessus des quais de déchargement des Fourgons stéphanois.
Pour pseudonyme, Dora a choisi celui, transparent à nos yeux, de «Monsieur Lignon» - le masculin est une précaution supplémentaire. Elle a loué, pour elle et ses enfants, une maison au Chambon-sur-Lignon, à quelques pas de la gare, actuelle montée du Chant de l’âme (peut-on trouver plus belle adresse ?), et cela allait être un pied-à-terre précieux, comme pour tant d’autres : ce lien entre la grande ville et la réserve et le refuge qu’offre la montagne, en termes d’espace, de ressources alimentaires, de liberté, de clandestinité...

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